1

Du haut de la montagne, le message de CHAMonix

« L’Open Santé, du virtuel au Réel », tel était le thème de CHAM 2015, conférence organisée par le Pr Guy Vallancien, auteur de « La médecine sans médecins ? ». Au menu : un lieu magique, une organisation impeccable pour deux jours de débats passionnants, qu’ils nous émerveillent ou nous bousculent !

On y a parlé d’objets connectés, d’algorithmes, de systèmes experts, de DMP (Perdu, bientôt Populaire… ?) d’open data, qui, lorsqu’ils auront gagné notre confiance, transformeront notre pratique. Pour l’améliorer bien sûr ! En nous permettant de nous recentrer sur l’aspect humain de notre métier, sans avoir peur d’être évalués (la « guillotine française ») et pour pouvoir progresser !

Mais pour cela, il faudrait que les pouvoirs publics se bougent, au risque de se rendre aux GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) : autonomie ou vassalisation, il faudra choisir comme le scande Laurent Alexandre ! « Faites des compromis », dixit Emmanuel Macron, dans un système qui doit favoriser l’innovation avec des contraintes de coût en augmentation constante.

Erik Orsenna, de l’Académie Française, veut sortir du principe de précaution : je ne fais pas « au cas où » pour un principe de prudence ; je fais « prudemment ». Mais surtout, surtout, ayons l’audace de tous travailler ensemble, médecins, patients, start-up, GAFA et politiques, pour CO-CON-STRUIRE la santé de demain !

Co-construction, c’était le mot-clé du week-end. Sur le fil de tweet #CHAM2015, on ne pouvait d’ailleurs échapper aux réactions des associations de patients – « Arrêtons de faire tout pour nous et faites-le avec nous. Vous ne ferez rien sans nous ».

Et les médecins ? Pas les médecins politiciens, journalistes, transhumanistes ou « connectés » mais ceux qui ont « les mains dans le cambouis », ne sont pas informatisés (25% dixit l’enquête « What’s Up Doc ») ou qui ne connaissent pas l’acronyme « NBIC » (un drame pour Luc Ferry). Ceux-là n’étaient pas à CHAMonix. L’économiste Nicolas Bouzou nous prévient pourtant : le métier de pilote de ligne a changé ; ceux qui veulent toujours piloter à la Jean Mermoz sont évincés car dangereux. Cela sera pareil pour les médecins.

Au vu des tweets de #CHAM2105, le Dr Jacques Lucas (CNOM), qui n’est pas non plus là, constate : « C’est une anthologie de ce qui est dit depuis des années. Alors que fait-on ? »

Et bien on se prend en main, car personne ne le fera pour nous. On cherche sur Google « NBIC », on passe à l’ordinateur, on regarde le livestream de CHAM2015, bref on devient des médecins « geek ». C’est comme cela que l’on co-construira notre système de demain, qui sans nous, ne sera pas !

Cécile Monteil

Cécile Monteil

Un Commentaire

  1. Informatisé, je le suis depuis une trentaine d’années, curieux de nouveautés depuis bien plus longtemps, mais je ne connaissais pas le sens de l’acronyme « NBIC ». J’ai suivi votre conseil, cherché et maintenant je sais. Merci Dr. Monteil ! Dr. Gérard Guasch (Mexico)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *